TAVOLARA

par M. Valery

Bibliothécaire du Roi aux Palais de Versailles et de Trianon

Voyages en Corse, a l’ile d’Elbe, et en Sardaigne

Paris 1837

Librairie de L. Bourgeois-Maze, Editeur, Quai Voltaire, N. 23


L’aspect extraordinaire de l’île Tavolara, haut rocher escarpé, dentelé, rappelle le pic déchiré de Gibraltar. Mais au lieu des magots hideux et sans queue qui peuplent ce dernier, l’île Tavolara est habitée par des troupes gracieuses de chèvres sauvages qui errent sur les hauteurs, agiles animaux à la moustache dorée par les herbes aromatiques qui leur servent de pâture, et dont la chasse difficile, périlleuse, provoque l’intrépidité du chasseur.

Cette lie, l’ancienne Hermæa, fréquentée par les Romains qui venaient y pécher le mollusque dont ils tiraient la pourpre, est la plus grande de l’archipel de la côte.

Elle a été en quelque sorte donnée par le roi de Sardaigne à un berger corse, nouveau souverain qu’a produit sa patrie, seul humain, qui, avec sa famille, habite ce désert.

Ce berger-roi n’a pour sujets que ses brebis et les chèvres de la montagne.

Le titre honorifique d’intendant de la Santé de l’archipel voisin, lui a été accordé; il récolte du blé sur les bords de son île, et jouit d’une certaine aisance.

Il voulut récemment remplacer sa hutte de feuillage par une maison, mais il trouva un cadavre en creusant les fondations, et il a commencé plus loin son Capitole.

SOURCES D’ILLUSTRATIONS

Photos contemporaines

Mikołaj Kirschke – commons wikimedia, luoghi.italianbotanicaltrips.com, Patrick Nouhailler – CC BY-SA 2.0 – Flickr, Mikołaj Kirschke CC BY-SA 3.0 – commons wikimedia


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