ENTRE SANTA TERESA ET LA MADDALENA

par Albert de La Marmora

Itinéraire de l’Ile de Sardaigne

 Turin 1860

Chez les Frères Bocca, Libraires du Roi

en italien: 

par Google Earth

Capo Falcone et Punta de la Marmorata

Au nord de port en question on rencontre le cap dit del Falcone qui est le promontoire le plus septentrional de la Sardaigne; on l’appelait anciennement, peut- être pour cela, Ερρεβάντίoν άχρoν (cap de la nuit); sa latitude est de 41° 45′ 12”,10.

Tout près de là, un peu à l’est, est un autre cap dit Punta della Marmorata, non loin duquel se trouve une île de ce nom où l’on voit, comme à la Testa, des traces d’anciennes carrières ouvertes dans le granit par les Romains; c’est probablement ce qui a fait donner à cet îlot le nom qu’il porte.

Gianni Careddu - Punta Falcone
par wikimedia commons - Punta Falcone

Porto Putzu – Porto Pullo – Palau

Depuis la Punta della Marmorata, la côte va toujours en descendant vers le SE; on y remarque d’abord le beau port naturel de Porto Putzu (le puits), où les bâtiments peuvent trouver un abri assuré contre les tempêtes; ce bassin est flanqué par une grande presqu’île dite Isola delle Vacche; puis on arrive à l’embouchure du fleuve Liscia où est également un bon mouillage, abrité à l’est par une autre presqu’île, nommée Isola dei Cavalli, au delà de laquelle est le Porto Pullo.

On rencontre ensuite un promontoire, et plus loin un mouillage excellent dit le Parau ou Palau, et même rade d’Àgincourt, capable de donner asile à une flotte entière.

Alessandro Ravizza - La baie de Porto Pozzo (à gauche), Porto Liscia (au centre) et Porto Pollo (à droite)
Alessandro Ravizza - Bouche de Liscia et Isola dei Gabbiani (ou des Chevaux)

Cap de l’Ours

Enfin à l’ouest de celle rade se trouve le promontoire de l’Ours, ainsi nommé à cause d’un rocher de granit que l’on voit presque à son extrémité et qui, regardé d’un certain point, du côté de la Madelaine, présente la forme d’un ours et même d’un ours blanc, comme on peut s’en convaincre par la figure suivante, que j’ai prise moi-même du point indiqué ci-dessus:

Roccia dell'Orso (photo dans le livre)
Ce rocher offrait cette ressemblance singulière, il y a près de deux mille ans; car Ptolémée, dans sa géographie, indique ce lieu sous le nom de “Αρχτoν αχρα” [le promontoire de l’ours); cela fait voir quel temps il a fallu pour que la masse de granit prît cette forme, par suite de la décomposition de la pierre opérée par les agents atmosphériques, et combien est court l’espace de 20 siècles pour produire un changement notable sur cette roche, qui fort probablement est encore telle qu’on l’observait à l’époque où vivait le géographe Grec.
par Roberto Oggiano

Île de Caprera

Mais les îles environnantes les plus considérables de la Sardaigne septentrionale sont, sans contredit, celles qui constituent l’archipel de la Madelaine, au sud du détroit de Bonifacio.

La première de ces îles que l’on rencontre en venant du Capo di Ferro vers le nord, est celle dite la Caprera; elle consiste en une grande masse granitique, ayant 22 milles marins de circonférence; il n’y a pas de village et sa population se réduit à quelques bergers qui y sont fixés.

Depuis une vingtaine d’années il s’y est établi une famille Anglaise qui y possède une maison et un jardin. C’est encore dans ce même îlot que se fixa plus tard le Général Garibaldi qui y tient également une maisonnette et des terrains; il y résidait, lorsque, pareil à Cincinnatus, ce célèbre Condottiero fut tiré de la vie des champs, pour prendre une part active à la guerre d’Italie de 1859.

par Nello Anastasio
www.lamaddalena.info - Maison Collins
J’ai placé jadis sur le point culminant de la Caprera, nommé M. Tejalone, un signal trigonométrique, car de ce lieu on voit fort bien une grande partie de la côte orientale du nord de la Sardaigne et tous les flots qui surgissent de ce côté, dont il m’importait de relever exactement la position; on voit également de ce point toute la côte est et sud de la Corse; j’ai même pu découvrir l’Île de Monte Cristo que j’avais déjà vue du sommet du Mont Limbara. La Caprera est très-découpée, surtout vers le sud, où se trouve un port naturel avec un bon mouillage dit Porto Palmas.
par Wunjo191 - panorama depuis le mont Tejalone
Au NO de la Madeleine, il y a encore trois autres îlots dits i Budelli, i Razzuoli et Santa Maria; ils sont habités par quelques familles de bergers de la Madeleine. Sur l’île des Razzuoli on a construit depuis une vingtaine d’années un phare de second ordre, à feu nature; dont le tambour est élevé de 86 métrés au-dessus du niveau de la mer, et de 20 mètres au-dessus du rocher granitique qui supporte l’édifice.

Ce phare correspond avec celui placé au Capo Pertusato près de Bonifacio en Corse, et avec celui plus éloigné de Porto Vecchio sur la côte orientale de ladite île. Cela fait que ce canal est maintenant éclairé par trois phares, savoir ceux de la Testa et des Razzuoli sur la côte de Sardaigne, et celui du Capo Pertusato sur le promontoire méridional de la Corse. Celui de Porto Vecchio à l’est de cette même île et celui de l’Asinara à l’ouest, placé au loin sur l’île Sarde de ce nom, servent à guider les bâtiments qui entrent de nuit dans ce dangereux passage, ou qui en sortent.

par Danielita66 e Roby65 - Phare de Razzoli
Thomas McGowan - Phare de Pertusato
par Mauro Carta - Phare de Capo Testa
par Telperion - Phare de Porto Vecchio ou Chiappa
par Michela Simoncini - Phare de l'Asinara à Punta Scorno

SOURCES D’ILLUSTRATIONS

Dessins, peintures et lithographies du siècle XIX

Le rocher de l’Ours, image dans le livre

Photos contemporaines

google earth, GNU wikimedia commons, Gianni Careddu – wikimedia commons, Alessandro Ravizza – Flickr, Roberto Oggiano – Flickr, Nello Anastasio – Flickr, 4B Casa Collins, di www.lamaddalena.info, wunjo191 – Flickr, anielita66 – roby65 – Flickr, Thomas McGowan – CC BY-ND 2.0 – Flickr, Mauro Carta – Flickr, Telperion – CC-BY-3.0, wikimedia commons, Michela Simoncini – CC BY 2.0, wikimedia commons

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